5 lettres pour accompagner un enfant dans son émotion

Eduquer ses enfants, s'éduquer soi-même Naomi Aldort

Eduquer ses enfants, s’éduquer soi-même – Naomi Aldort

Dans son ouvrage « Éduquer ses enfants, s’éduquer soi-même », l’auteur Naomi Aldort nous invite à réfléchir à un outil qui pourrait améliorer la communication avec nos enfants : le B.A.U.M.E.

Qu’est-ce que le B.A.U.M.E. ?

 C’est un outil pratique à utiliser « en cas de secousse » lorsque nous sentons que la mayonnaise nous monte au nez et que nous sommes envahis par les émotions de notre enfant – et par les nôtres ! Chaque lettre de cette acrostiche a une signification, que je vous propose de détailler :

 Brisez le lien
Attention !
Utilisez votre écoute
Montrez votre approbation
Eveillez votre enfant

Brisez le lien

De premier abord, cette formulation peut surprendre… Quoi ? Briser le lien entre mon enfant et moi ? Non, rassurez-vous, il ne s’agit pas de cela… Il s’agit plutôt de prendre un moment de recul et d’introspection sur la situation qui est en train de dérouler. L’auteur nous invite à briser le lien entre nous-même et le comportement et les émotions de notre enfant. C’est certainement l’étape la plus difficile.

Jules se roule par terre parce qu’il ne veut pas aller à la crèche. Rose hurle à la cuisine parce qu’elle ne veut pas l’assiette verte mais la bleue. Kevin me tape parce que je lui ai refusé un bonbon avant le repas. Nos enfants ont des tas de raisons pour être agité, en colère, grognon ou angoissé. Et leurs comportements viennent souvent déclencher chez nous des émotions fortes que nous ne savons pas toujours bien gérer. Ma “machine à penser” est en ébullition et nous induit en erreur : “Il ne devrait pas se conduire ainsi…”, “Elle n’y arrivera jamais”, “Mais qu’il est pénible à râler comme ça tout le temps !”, “Elle va me rendre folle avec ses cris !”… Nous nous laissons alors envahir par nos propres émotions, sans pouvoir les contrôler. On criez, on hurle plus fort que l’enfant. On punit, on bouscule, on tape. Et nous finirons par regretter nos paroles et nos actions, qui ne feront qu’élargir le fossé entre notre enfant et nous.

Nos émotions nous appartiennent, à nous seuls, et c’est à nous de les maitriser. Ici, et maintenant, mon enfant vit une situation difficile et il a besoin de moi. Il a besoin que je reste calme pour l’aider à surmonter les obstacles de manière non-violente. Si je m’énerve ou hurle plus fort que lui, je ne pourrai pas l’aider. Alors je prends quelques secondes pour observer mes pensées et jugements, et je les laisse passer. Je peux les coucher sur du papier pour y revenir plus tard, seul(e) avec moi-même. En l’absence de pensées, je pourrai voir mon enfant sous un regard aimant et je serai libre de réagir au comportement mon enfant plutôt qu’à mon propre discours intérieur.

Attention !

Après avoir pris quelques instants pour examiner mon monologue intérieur et que j’ai écris ou laissé de côté mes pensées intérieures (qui n’ont tien à voir avec mon enfant), je suis alors disponible pour prêter attention à mon enfant. Je reste attentif/ve à ce qu’il vit.

 

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Notre enfant a besoin de notre entière disponibilité

pour l’accompagner dans l’émotion qu’il vit.

Utilisez votre écoute

Être disponible pour l’écouter. Discerner le véritable sens des paroles ou du comportement de mon enfant. Qu’est-il en train de me dire ? Quelles émotions est-il en train de vivre ? Quels sont ses besoins cachés derrière son comportement ou ses paroles ?

Votre enfant a besoin d’écoute, d’une écoute véritable. Il a besoin d’être rejoint dans ce qu’il vit.

 Montrez votre approbation

Les émotions réprimées entravent l’aptitude à agir librement. Il est donc nécessaire de rejoindre l’enfant dans son émotion pour qu’il s’en libère. Avec tendresse et compréhension (véritable !), je reformule et reflétant ce qu’il vit : “Oui, tu es vraiment en colère de ne pas pouvoir manger ce bonbon maintenant, et tu trouves cela injuste.”

L’écoute et l’approbation sont les ingrédients de l’amour. Attention, lorsque l’auteur parle d’approbation, il ne s’agit pas de légitimer le comportement ou les paroles de notre enfant, mais ce qu’il vit : son émotion est légitime, il a le droit de se sentir frustré parce qu’il n’a pas la bonne couleur d’assiette ou d’être triste parce qu’il n’a pas envie d’aller à l’école. Il en a le droit.

Cependant, il y a une grosse différence entre l’émotion qu’il ressent, et la manière qu’il choisit (inconsciemment le plus souvent) de nous la montrer. “Tu as le droit d’être en colère parce que je te refuse un bonbon avant le repas” (je légitime ton émotion, et donc ton besoin derrière l’émotion) – “mais tu n’as pas le droit de me taper pour me dire cette colère” (la solution choisie pour répondre à ton besoin n’est pas acceptable).

Eveiller votre enfant

Eveiller votre enfant à son pouvoir de résoudre son désarroi. Le problème lui appartient, et il a le pouvoir (avec ou sans notre aide) de trouver en lui les ressources pour résoudre son problème. Éviter de vous précipiter pour tout arranger. Laissez-lui la voie libre et faites-lui confiance. Si votre enfant sent cette confiance, il pourra imaginer ses propres requêtes, solutions et idées. Il vous mettra peut-être à contribution pour l’aider, ou peut-être pas. Une fois rejoint dans ce qu’il vit, et donc libéré de son émotion, l’enfant retrouve la liberté et la concentration, et il pourra alors envisager des solutions pour répondre à son besoin, ou envisagera des solutions.

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Attention : le livre est actuellement en réédition
@ Crédit photo Nannnn David

Comment réussir à consacrer du temps individuel à chaque enfant ?

J’ai 3 enfants, de 5,5 ans, 8 ans, et 9 ans. Ils me demandent d’ailleurs régulièrement un petit frère ou petite sœur. Une des réponses que je leur donne est plutôt simple : « – J’aime passer du temps avec vous, en famille, avec vous trois. Mais j’ai aussi envie de garder du temps de qualité avec chacun d’entre vous, de manière individuelle. Et avec un enfant en plus, ces moments là risquent de raccourcir, et ça ne me convient pas… »

Entre ma vie professionnelle, ma vie familiale, mes implications et activités dans différents domaines, je trouve parfois difficile de trouver du temps pour chacun, chaque jour. Et pourtant, c’est pour moi essentiel dans l’équilibre de notre vie familiale. Ils en ont besoin. J’en ai besoin moi aussi.

 

Comment faire pour passer du temps individuel avec chaque enfant ? Voilà quelques pistes que je partage avec vous…

 

1. Le coucher du soir

C’est pour moi LE moment individuel avec chacun. Si je devais n’en avoir qu’un seul, ce serait celui-là. Nous l’appelons chez nous Le p’tit moment. Je ne me souviens plus vraiment de l’origine de ces termes, mais c’est instauré de cette manière depuis plusieurs années. Ce moment du soir sera plus ou moins long, selon l’heure à laquelle ils se coucheront, mais ON NE RÂTE PAS LE P’TIT MOMENT, ça non ! Les enfants attendent ce moment de la journée avec impatience – et moi aussi ! 🙂

C’est un temps privilégié, où je suis reste disponible pour chacun, selon ses besoins. Une partie de UNO, une histoire, une construction en LEGO, des échanges et discussions, la cocotte du soir, des câlins, des massages, des grattages dans le dos, des rires, ou simplement parfois juste restés couchés l’un à côté de l’autre… Tout est envisageable, et je me laisse guider par leurs envies et besoins.

Pour que ce moment puisse fonctionner, il y a toutefois une règle d’or : On ne dérange pas son frère ou sa sœur pendant Le p’tit moment, sauf urgence ! C’est très frustrant de vouloir passer du temps seule avec un enfant et de se faire interrompre avec des « – Maman, j’ai un bouton là, regarde. », « – Aujourd’hui à l’école, on a appris la comptine du hérisson. », « – Je ne trouve pas mes chaussettes pour demain… », et autres joyeusetés en tous genres. Non pas que ce sont des choses sans importance, mais pas pendant Le p’tit moment d’un autre enfant ! On apprend le respect du temps de l’autre, on apprend à attendre son tour, on apprend à mesurer l’urgence et à différer le reste. Et les enfants s’occupent seuls pendant que je suis avec le/la troisième.

Il a fallu évidemment adapter ce temps en fonction de l’âge des enfants. Nous avons commencé ce rituel du soir alors que ma dernière devait avoir environ 1 an. Je commençais systématiquement par m’occuper d’elle en premier, pour être ensuite plus disponible pour les 2 plus grands. Et puis quand l’enfant a 2-3 ans, ce n’est pas toujours évident de respecter la règle d’or. Si je souhaitais qu’elle patiente, j’ai souvent anticipé : « Comment pourrais-tu t’occuper pendant que je suis avec ton frère / ta sœur ? ». Ça fonctionnait la plupart du temps. Mais, avec le recul de ces quelques années, il est certain que c’est un temps qui devient plus facile avec des enfants plus grands, avec le rituel instauré.

 

2. Les temps de jeux libres ou dirigés

Les temps de jeux sont essentiels. Ils permettent d’une part d’enseigner des compétences à nos enfants – nous aurons certainement l’occasion d’en reparler – mais aussi de remplir leur réservoir affectif. Je propose régulièrement à chaque enfant un temps de jeu à 2, environ 1 à 2 fois par semaine et par enfant. Le plus souvent, c’est en rentrant de l’école, ou pendant le week-end. L’avantage de le faire après l’école, c’est qu’il y a souvent l’un ou l’autre enfant qui a une activité extra-scolaire, c’est pratique pour passer du temps avec un enfant seul.

La question de base est simple : « – À quoi veux-tu jouer ? ». Parfois, c’est un jeu de société, ou une histoire qu’on invente avec des Playmobil, parfois c’est une séance de chahut, de bataille de coussins, ou une partie de foot dans la cour. Tout est envisageable.

La durée de ce jeu individuel est variable. Parfois ce sera juste 5 ou 10 minutes ; d’autres fois 20 ou 30 minutes. Tout dépend aussi de la manière dont les autres enfants s’occupent en même temps.

 

3. Les sorties individuelles

Bon, ça c’est certainement la chose la plus compliquée pour moi. Sortir avec un enfant seul nécessite de faire garder les deux autres. Et pourtant, lorsque cela est possible, quel bonheur de passer un temps en dehors de la maison avec un seul enfant, c’est vraiment riche ! Et ce qui me plait par-dessus tout dans cette idée, c’est de pouvoir adapter les activités en fonction des intérêts de chacun. Quand on sort en famille, il est parfois difficile de trouver des sorties qui conviennent à tout le monde. L’un aime la forêt, l’autre la piscine ou la balade en vélo, et la troisième le cinéma ou le shopping… Passer un temps individuel avec un enfant, c’est lui permettre de faire une activité qu’il aime vraiment et qui va lui procurer beaucoup de joie.

 

4. Les moments volés !

Un de vos enfants aime cuisiner ? Balayer ? Vider le lave-vaisselle ? Laver la voiture ? Autant d’occasions quotidiennes pour passer un peu de temps avec lui/elle ! Et même si ces tâches sont pour lui/elle des corvées, faire les choses à 2 est souvent bien plus agréable pour l’enfant comme pour le parent ! Alors, profitez de joindre l’utile à l’agréable ! 🙂

 

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Et chez vous ? Avez-vous des astuces pour passer du temps individuel avec vos enfant ? Dîtes-le nous dans les commentaires !

Jouons avec les émotions

Jouons avec les émotions

Un outil amusant pour comprendre et mieux vivre ses émotions !

Apprendre à nos enfants à gérer leurs émotions prend du temps. Cet outil pédagogique est composé de 27 cartes colorées qui représentent des émotions que vivent régulièrement nos enfants. On y retrouve les émotions de base : joyeux, en colère, apeuré, triste, surpris. Mais aussi beaucoup d’autres nuances émotionnelles : incompris, blessé, fragile, confus, fatigué, etc.

Sur le verso de chaque carte : le visage et le nom de l’émotion.

Et au dos des cartes :

une brève définition de l’émotion, énoncée avec des mots simples que l’enfant peut facilement comprendre.
une suggestion d’activité à réaliser avec nos enfants. Le jeu comprend donc 27 propositions d’activité.

 

 

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Ce jeu est disponible aux éditions Pirouettes : Acheter le jeu

 

Voilà 6 idées d’utilisation de ces cartes des émotions :

1. La météo du jour

Chaque matin, petits et grands choisissent la carte qui correspond le mieux à sa « météo intérieure » du moment. On peut expliquer le pourquoi de la carte, ou simplement la montrer aux autres. Cela permet d’appréhender parfois l’état émotionnel d’un ou plusieurs membres de la famille – et donc de respecter davantage son besoin de solitude ou d’accompagnement.

2. La météo qui change !

Au fil de la journée, il est tout à fait possible de venir fouiller le tas de cartes et de montrer aux autres notre météo changeante… Tout comme le soleil et la pluie peuvent se succéder, les émotions passent aussi. « – Ce matin, je me sentais découragée. À présent, je me sens joyeuse ! »

3. Transmettre un message

Je suis agacée de devoir répéter de ramasser les jouets sur lesquels je trébuche ? Mon enfant est gêné d’avoir cassé un verre ? J’ai été humilié par une copine à l’école ? Il n’est pas facile – même pour nous adultes ! – de nommer l’émotion que l’on ressent dans certaines circonstances. Et parfois, c’est tout mélangé aussi… Les cartes sont un bon moyen pour faire le tri, et essayer de mettre des mots sur ce que je vis, ou ce que mon enfant vit, et pour transmettre éventuellement à l’entourage ce que nous ressentons.

4. Le temps d’échange

Lors d’un temps en famille ou avec un enfant, on pioche une carte au hasard, on lit la définition et on discute autour de cette émotion. Quelle est cette émotion ? Comment réagit physiquement mon corps lorsque je ressens cette émotion ? On peut la mimer, la jouer, la faire deviner. Avez-vous déjà ressenti cette émotion et dans quelle circonstances ? On raconte nos expériences, on échange. On communique, on apprend à se connaitre et à respecter les émotions des autres.

5. La recherche de solutions

Dans la même idée que le point 4 ci-dessus, on peut continuer l’échange en se posant la question : « Que puis-je faire lorsque je ressens cette émotion ? ». Si je me sens incompris, je peux… Si je me sens fatiguée, je peux… Si je me sens confiante, je peux… Et on peut noter les idées sur un tableau ou une feuille. C’est un excellent générateur de solutions – qui pourront être utilisées à chaud lorsque l’émotion sera ressentie « à chaud » !

6. Jouons ensemble !

On pioche au hasard une carte et on explore l’activité proposée au dos de la carte ! C’est ludique et très riche en même temps !

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Vous avez d’autres idées ? Partagez-les dans les commentaires !

Cocotte du soir

Cocotte du soir, amis bonsoir…

Voilà un outil que mes enfants ont plaisir à utiliser lors de notre coucher du soir… C’est l’occasion de revenir sur un moment difficile de la journée (un « petit nuage »), de se raconter quelques histoires, de passer un moment doux à se cajoler… Bref, jouer avec votre cocotte du soir, c’est vous assurer de passer un moment privilégié en famille, ou un temps seul(e) avec chaque enfant.

Je vous propose 2 versions de la cocotte :
(Clic droit « enregistrer sous », puis ouvrir et imprimer l’image)

  • une version « remplie », celle que nous utilisons chez nous. La formulation des consignes prête souvent à confusion (est-ce le parent qui parle ? Ou l’enfant ?) : cela est voulu. Nous inversons régulièrement les rôles de celui qui parle / raconte / écoute. Et quand on prend le temps, on parle chacun son tour 🙂
  • une version « vide », sans texte, que vous pourrez imprimer et remplir à votre guise, en fonction de l’âge de vos enfants et de ce que vous aimez chacun !

L’enfant pourra colorier sa cocotte à sa guise, pour en faire un modèle inédit et unique !

Et en bas de page, vous trouverez un tuto pour plier votre cocotte au cas où 😉

Je vous souhaite de bons moments de partage dès demain !

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Avez-vous imprimé cette cocotte ? Dites-le nous dans les commentaires et racontez-nous comment vous l’avez utilisée !

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Cocotte remplie – Clic droit « enregistrer sous », puis ouvrir et imprimer l’image

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Cocotte vide – Clic droit « enregistrer sous », puis ouvrir et imprimer l’image

 

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Tuto pliage cocotte

Un magazine qui gagne à être connu !

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Le magazine de la parentalité positive

J’ai très envie de vous faire découvrir ce magazine que je trouve absolument gé-ni-al !

PEP’S c’est un magazine trimestriel de plus de 60 pages, créé par Catherine Dumonteil-Kremer, qui traite de la parentalité positive de manière très ouverte ! Le magazine est pleins d’astuces, de témoignages, d’outils concrets et d’infos en tous genre ! Chaque numéro contient un dossier spécial de 10 à 15 pages, sur un thème précis. J’apprécie particulièrement celui du n°7 sur les punitions et les récompenses, et celui du n°14 sur la colère que je n’hésite pas à offrir autour de moi 🙂

Dans PEP’S, vous trouverez également des recettes de cuisine, des idées de jeux à faire avec vos enfants, des livres pour petits et grands… En bref une source presque inépuisable d’outils et d’alternatives pour vivre une parentalité positive !

 

J’en profite pour citer Catherine DUMONTEIL-KREMER, la rédactrice en chef de cette revue, qui nous donne une jolie définition de la parentalité positive :

« La parentalité positive, c’est une parentalité centrée sur la joie de vivre, le plaisir d’être ensemble, les besoins de chacun, le soutien sur le chemin de soi. Cette forme de parentalité demande de la vigilance, un travail de prise de conscience de nos blessures d’enfant pour éviter ainsi toute violence physique et psychologique, même considérée comme légère. Ce qui signifie entre autres : sans coups, menaces, punitions, sanctions, isolement ou immobilisation, etc. Le concept de parentalité positive est en évolution permanente, il dépend de prises de conscience qui se font de plus en plus claires, et demandera sûrement des précisions supplémentaires à l’avenir. »

Alors n’attendez-plus ! Et abonnez-vous vite à ce chouette magazine : Découvrir PEP’S MAGAZINE

Et faites-le découvrir à votre entourage !

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3 outils pour accompagner nos enfants dans leurs peurs

Les enfants ressentent bon nombre de peurs, à tout âge, et plus ou moins fort selon le ressenti de chacun. Toutefois, ces peurs représentent souvent « un passage obligé » et cela peut être rassurant pour nous, adultes, de le savoir.

J’ai trouvé cette affiche intéressante pour justement montrer quels types de peurs peuvent envahir nos enfants, en fonction de leur âge. Comme tout récapitulatif, cette liste n’est évidemment pas rigide ; il se peut très bien qu’un enfant ressente une peur à 5 ans qui est pourtant répertoriée dans la colonne « 1 à 4 ans » 😉

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À retenir : tant qu’elles ne paraissent pas démesurées, les peurs de nos enfants sont normales et font partie de leur développement 🙂

Cependant, même si elles sont normales, nous sommes parfois démunis dans la manière d’accompagner nos enfants dans ce qu’ils vivent. Doit-on le contredire et lui répéter que les sorcières n’existent pas ? Le rassurer sans cesse sur le fait que la porte est bien fermée à clé et qu’il n’y aura pas de voleurs ? Discuter avec le monstre caché sous son lit ?

Découvrons ensemble 3 outils pour accompagner les peurs d’un enfant :

1. Rejoindre l’enfant dans son émotion

Même si la peur de notre enfant nous parait dérisoire, elle est pourtant vécue par notre enfant, donc réelle et légitime pour lui, ne la banalisons pas. Utilisons la reformulation et le reflet pour le rejoindre dans ce qu’il vit et pour l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent. « – Tu as entendu des sorcières rire sous ton lit, et tu as vraiment eu très peur de les entendre… »

Cet outil peut autant être utilisé avec des bébés qu’avec des enfants plus grands. Refléter et reformuler est un outil bien plus efficace que de simplement vouloir le rassurer : « – Ne t’inquiète pas… – N’aie pas peur, ça va aller… – Tu n’as pas à avoir peur… – Ce n’est rien… », qui sont autant d’injonctions qui nient l’émotion qu’il ressent. Pourtant sa peur est légitime à ses yeux (même si elle ne l’est pas aux nôtres 🙂 ).

2. Prendre conscience des sensations dans le corps

  • Comment sens-tu la peur à l’intérieur de ton corps ? Comment est ta respiration ?
  • Te sens-tu bloqué(e) quelque part ? As-tu des douleurs ou des tensions ?
  • À quoi ressemble ta peur ? Peux-tu lui donner une forme, une couleur, une taille ? Est-ce qu’elle pique, brûle, grossit ?
  • Où sens-tu cette peur ? Dans ton ventre ? Ta gorge ? Ta poitrine ? Tes jambes ?

Mettre des mots sur sa peur permet de l’extérioriser. Lui donner une forme, une couleur et des sensations va focaliser l’enfant sur ses sensations internes et lui permettre de faire le lien entre ses sensations et l’émotion peur qu’il ressent.

Il est alors possible à ce stade de « faire sortir » la peur du corps de l’enfant. On attrape virtuellement cette grosse boule de peur dans le ventre de l’enfant (selon ce qu’il a décrit), et on la fait sortir. Selon les propositions de l’enfant, on peut alors la jeter par la fenêtre, la mettre à la poubelle, la faire devenir toute petite, etc. Laissez votre enfant vous guider sur la manière dont il veut s’en débarrasser 🙂

Si l’enfant est trop petit pour verbaliser lui-même, on peut verbaliser ses sensations perçues : « – J’entends ta respiration, ton pouls est très rapide ! Et tu as le front en sueur. Je sens ton ventre tout crispé. Tu as vraiment eu très peur de cette sirène qui a retenti dans l’immeuble ! »

3. Faire une représentation de la peur

Avec un enfant un peu plus grand, il est possible de lui faire représenter sa peur, notamment par le biais du dessin. Peux-tu dessiner cette sorcière qui te fait peur ? À quoi pourrait-elle ressembler ? Comment est son visage, ses cheveux, ses mains ? A-t-elle des accessoires autour d’elle ? Un balai, un animal de compagnie ? Y a-t-il d’autres sorcières autour d’elle ?

L’enfant va dessiner la représentation qu’il se fait de sa peur. Et de la même manière que pour le point n°2 ci-dessus, il va pouvoir extérioriser ce qu’il ressent, et pourra alors utiliser / se débarrasser ensuite de son dessin, de la manière qui sera la plus juste pour lui : le déchirer, le brûler, le chiffonner, l’accrocher, etc.

Un moyen plutôt efficace pour mettre un terme rapidement à une peur et éviter de l’entretenir !

Et chez vous ? Comment accompagnez-vos les peurs de vos enfants ? Partagez vos astuces dans les commentaires ci-dessous !

6 conseils pour guider les comportements de nos enfants de manière positive

L’Agence de la santé publique et le Ministère de la Justice du Canada ont publié en 2015 une brochure intitulée « Pourquoi faut-il éviter de donner la fessée ? », à destination du grand public.

« En tant que parent, on peut parfois se sentir frustré du comportement de nos enfants et ne pas savoir quoi faire. Tous les enfants ont besoin d’être guidés pour apprendre à se maîtriser. Guider les enfants de façon positive leur permet d’acquérir des compétences, favorise leur estime de soi et renforce le lien d’attachement parent-enfant. Or, les punitions physiques ne favorisent pas une discipline positive. Les enfants ont besoin de vivre une relation sécurisante, stable et enrichissante avec leurs parents. »

Ainsi, la brochure nous présente 6 conseils pour nous aider à guider le comportement de notre enfant de façon positive.

En premier lieu, j’aime cette distinction entre l’enfant et son comportement ! L’enfant n’est pas son comportement ! Il peut avoir un comportement dit « turbulent », mais N’EST PAS turbulent. Il peut avoir un comportement dit « timide », mais il N’EST PAS timide. Nous avons la fâcheuse tendance à enfermer nos enfants dans des étiquettes. Il est timide, elle commande tout le temps les autres, il est impulsif et violent, elle est turbulente,… Malheureusement, ces étiquettes forgent souvent le comportement de nos enfants, ils apprennent à vivre à travers ces étiquettes. On me dit que je suis tout le temps le patron ? C’est que je dois l’être ! Et je vais vous montrer combien je peux être ce patron et diriger les autres.

Alors comment faire pour guider le comportement de notre enfant de façon positive ?

1. Se calmer avant d’agir

Avec la frustration, nous agissons souvent de manière impulsive. Et l’impulsion, qui se produit lorsque « notre cerveau d’en haut n’est plus connecté à notre cerveau du bas », nous fait parfois agir de manière démesurée, ou avec violence. Il est donc nécessaire de prendre le temps de se calmer en premier lieu, avec de grandes inspirations, ou une prise de recul.

2. Penser à ce que nous voulons que notre enfant retienne dans une situation particulière

Nos enfants sont des éponges, et ils agissent selon notre exemple, notamment grâce à leurs neurones miroirs. Alors quel exemple leur laissons-nous lorsque nous sommes en conflit avec eux ? Si  nous choisissons d’utiliser la violence sous l’impulsion, nous légitimerons alors cette attitude, en leur apprenant qu’il est légitime de taper l’autre lorsque nous sommes en conflit. Au contraire, en utilisant avec eux une attitude non-violente et respectueuse, nous leur enseignerons la non-violence et le respect. Ainsi, prenons quelques instants pour réfléchir alors que la tension monte, et nous poser la question des valeurs que nous souhaitons transmettre à notre enfant.

3. Se mettre à la place de notre enfant

Le comportement de l’enfant vient répondre à l’un de ses besoins. L’enfant réagit à une raison particulière : la faim, la fatigue, l’ennui, la nervosité, la maladie, la douleur, le découragement, la frustration, le stress… Cette étape de réflexion nous invite à chercher la cause du comportement de l’enfant, soit de décrypter le besoin qui se trouve derrière son comportement. Comprendre le besoin de notre enfant nous aidera à l’accompagner. Nous pouvons légitimer son besoin, tout en lui offrant l’occasion d’adapter son comportement pour qu’il soit acceptable. « – Tu as le droit de t’ennuyer, mais de casser la tour en Lego de ta sœur pour le montrer n’est pas acceptable. » Cette phrase ouvre la réflexion avec notre enfant, au travers de cette question : « – Que pourrais-tu faire, dire ou mettre en place lorsque tu t’ennuies ? »

4. Penser au stade de développement de notre enfant

Les bébés ne pleurent jamais pour vous mettre en colère. Il peut être difficile de décrypter leurs pleurs, mais ils expriment quelque chose. Changer sa couche, le nourrir, l’installer pour une sieste peuvent être des besoins exprimés par un bébé. Mais pas seulement. L’enfant manifeste aussi son besoin d’amour, de sécurité, de soins et de protection. Il a besoin d’être pris dans les bras, d’être porté, cajolé, d’avoir l’attention de son parent. Ces besoins sont légitimes, tout autant que ses besoins physiologiques (faim, soif, sommeil, inconfort). Et si nous sentons qu’il devient difficile pour nous de supporter les pleurs de notre bébé, tentons de passer le relais à une personne de notre entourage.

Les tout-petits ont un besoin d’expérimentation très fort qui leur permet de se familiariser avec leur entourage et de découvrir le monde. Laissons la liberté à nos enfants d’explorer à leur guise, sous notre surveillance, tout en veillant à leur sécurité : ranger les objets dangereux, détourner son attention, mettre des mots sur les ressentis physiques des objets (ça coupe, c’est brûlant,…).

Les enfants d’âge préscolaire ne peuvent pas encore bien exprimer leurs émotions ou les contrôler, leur cerveau est en construction. Lorsque notre enfant vit une émotion forte, lui donner une fessée pourrait lui faire peur et empirer la situation. Au contraire, prenons le temps de rester près de lui, en veillant à sa sécurité, de rester calme en respirant profondément, pour l’aider à se calmer. Nous pouvons aussi l’aider à verbaliser ses émotions : « Tu es fâché parce que j’ai fermé ta veste alors que tu voulais la fermer tout seul. » Au travers de cet accompagnement, nous donnons à notre enfant des clés pour qu’il apprenne à gérer ses émotions, sans violence et sans cris.

5. Créer un foyer où règnent l’amour et le respect

Nous sommes des modèles de comportement pour nos enfants ! Ainsi, prenons conscience de l’exemple que nous leur donnons lorsque l’on s’adresse à eux, ou dans les discussions et comportements que nous avons au sein du couple ou dans nos relations interpersonnelles. Et prenons le temps de parler avec notre enfant, de lui montrer des choses et de féliciter ses efforts, en respectant ses besoins. Et un dernier point qui embellit la relation avec nos enfants : amusons-nous ! Prenons plaisir à jouer avec eux et à rire !

6. Ne pas être gêné(e) à demander de l’aide

Il existe une multitude d’endroits ou de personnes vers qui nous pouvons trouver des ressources, – même en France – n’hésitons pas à le faire !

Tous les parents sont en apprentissage continu : ils ont besoin d’aide et d’appui !

Cette brochure reprend les éléments essentiels concernant l’utilisation néfaste de la fessée, et plus largement de ce que l’on appelle les violences éducatives ordinaires (VEO). Elle donne aussi beaucoup d’éléments très pratiques pour accompagner nos enfants dans le calme et la douceur.

Pour sensibiliser votre entourage, imprimez cette brochure, distribuez-là autour de vous, et placez-la dans des endroits fréquentés : salles d’attente, petits commerces,…

LIEN DE TÉLÉCHARGEMENT : Brochure-VEO-CANADA

La brouille

La brouille

De Claude Boujon, l’école des loisirs

Monsieur Brun, un lapin marron, et Monsieur Grisou, un lapin gris, habitent dans deux terriers voisins. Ils s’entendent bien, leur relation est cordiale, ils sont bons voisins.

Mais petit à petit, au fil du temps, leur relation se détériore. Les ordures qui trainent, la radio trop forte, le linge qui pend qui cache le paysage, la mauvaise odeur, tout est sujet de discorde, et l’amitié des deux lapins est mis à rude épreuve.

Monsieur Brun en vient à construire un grand mur séparateur – qui va être mis en poussière très rapidement par Monsieur Grisou. Insultes, menaces, bataille, coups… rien ne va plus entre les deux amis !

C’est alors qu’un renard arrive et bondit sur les lapins. Ils arrivent tous deux à plonger dans le même terrier, échappant aux griffes du prédateur ! Alors que le renard tente en vain d’attraper une de ses proies, les lapins unissent leurs forces et usent de stratégie et de coopération pour se sortir de ce pétrin. Comment vont-ils y parvenir ?

Cet événement commun va les rapprocher et consolider leur amitié. Bien sûr, il leur arrivera encore de se chamailler, mais uniquement quand c’est indispensable !

De prime abord, ce livre me fait étrangement penser aux relations entre fratries : les disputes, les chamailleries, les insultes, et parfois les coups, font partie du quotidien de nos enfants. Et pourtant, face à l’adversité, ils savent unir leurs forces et s’allier, trouvant des stratégies en tous genres pour se sortir de leurs galères !

Et puis, en y réfléchissant, je me dis que ce livre présente également bien d’autres utilisations, qu’il ouvre à d’autres thématiques à réfléchir avec nos enfants, en petit ou en grand groupe :

  • Partir à la découverte de l’autre
  • Accepter et vivre avec les différences : la tolérance
  • Dépasser l’indifférence pour vivre ensemble
  • La coopération : un outils pour se rapprocher
  • Quelles situations font naitre l’amitié ?
  • A-t-on besoin d’être amis pour être solidaires ?

Et vous voyez certainement vous aussi d’autres thématiques à aborder au travers de ce livre ? N’hésitez pas à les partager dans les commentaires de cet article 🙂

J’ai un réel coup de cœur pour cet ouvrage qui ouvre à bien des discussions. Les illustrations sont simples mais efficaces, « à la Boujon » ^^ Le texte est court, ce qui permet de garder l’attention des tout-petits dès 2-3 ans.

1 astuce simple pour calmer la tension !

Daniel Siegel, neuropsychiatre américain, propose un modèle simple de notre cerveau dans la main, pour comprendre son fonctionnement physiologique.

Cette vidéo est spécialement adaptée aux enfants, avec un exemple parlant : la petite sœur de Léo a cassé la tour qu’il était en train de construire. Léo sent qu’il est très fâché, et qu’il va exploser. Il se souvient alors que son « cerveau du haut » (cortex préfrontal) peut apaiser les émotions fortes de son « cerveau du bas » (cerveau reptilien) et l’aider à réfléchir à d’autres solutions, sans violence.

L’image du cerveau dans la main, une fois apprivoisée par les enfants, peut facilement être utilisée par les adultes comme « code » quand on sent que la tension monte chez l’enfant… pour lui rappeler qu’il peut reconnecter son cerveau du haut à celui du bas et envisager des solutions sans violence – avec ou sans notre aide, selon ses capacités.

Et vous l’imaginez bien… l’image peut aussi facilement être utilisée pour nous-mêmes, adultes, lorsque la cocotte minute monte sous pression ! 😉